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16.06.2008

Giorgio Schultze et Jan tamas au Parlement Européen

20080612204243bruselas01.jpgCommunication de Giorgio Schultze et Jan Tamàs de EUROPE FOR PEACE à l'AGORA du Parlement européen.
Session plénière du 12 juin 2008,

Le problème environnemental et en particulier les « changements climatiques » représentent pour l'Europe un engagement « impératif », sans aucune possibilité d'ajournement. Les retards dans l’application des accords de Kyoto ne sont pas acceptables plus longtemps. En Italie par exemple, les émissions qui altèrent le climat ayant augmenté de plus de 15%, il sera donc difficile de les réduire de plus de 21% par rapport aux émissions de 1990, sans sanctions et contre-mesures d’ici 2010.

Les changements environnementaux imposent un changement profond du système énergétique, visant aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergique, avec la conscience profonde que les centrales nucléaires ne résoudront pas le problème, puisqu'elles représentent seulement 10% de la balance énergétique.

Les changements environnementaux imposent un changement des relations avec le reste du monde, en commençant par des « relations de paix » (et non pas d'agression et de guerre) avec les régions voisines de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, avec une culture de respect et de solidarité envers les millions de personnes affectées par la désertification, les inondations, l’érosion des sols, les famines et les guerres.
Comment prétend-on concilier ces défis colossaux avec la décision folle d’assigner une grande partie des ressources européennes à une nouvelle course aux armements ?

Comment pouvons-nous accepter que soit permis sur le territoire européen, avec l'argent des citoyens européens, l'installation du bouclier de défense des États-Unis, avec une base de radar en République Tchèque, une nouvelle base de missiles intercepteurs en Pologne et l'agrandissement des bases existantes en Italie ? Nous ne pouvons pas accepter que plus de 100 milliards de dollars soient assignés au réarmement quand au niveau mondial seulement 5.8 milliards sont destinés à combattre la faim dans le monde. Et tout cela en désaccord flagrant avec le traité de non prolifération nucléaire !

J'habite à Milan, Jan Tamàs à Prague et avec des centaines de personnes dans plus de 20 villes, nous faisons une grève de la faim pour faire cesser cette course aux armements qui relance non seulement la guerre froide entre les Etats-Unis, l'Europe, la Russie et la Chine, mais qui engloutit également des ressources essentielles pour donner des réponses concrètes aux besoins urgents des populations du monde : nourriture, santé, éducation, qualité de vie, défense de l'environnement et énergies renouvelables.

En synthèse : si l'Europe, au travers du Parlement européen qui en est l’expression la plus directe, ne respecte pas le protocole de Kyoto, ne respecte pas non plus le Traité de non-prolifération nucléaire, ne respecte pas la Déclaration des Droits de l'Homme, l’Europe ne sera pas cette référence et ce modèle auxquels tellement de gens aspirent et elle devra assumer la responsabilité, face au monde et à l’histoire, de ne pas avoir réalisé le pas urgent et nécessaire pour donner à l'humanité une direction différente.

08.06.2008

APRES 21 JOURS - LA SOCIETE CIVILE TCHEQUE PREND LA RELEVE DES GREVISTES DE LA FAIM

080527-press-conf.jpgJan Tamas et Jan Bednar ont terminé leur 21ème jour de grève de la faim le 2 juin à minuit. Des personnalités tchèques continueront leur bataille à Prague contre la Guerre des Etoiles par des jeûnes symboliques de 24 heures.

Dans le reste de l'Europe comme en Australie et aux Etats Unis d'autres grévistes de la faim continuent leur action. Le porte-parole européen du Nouvel Humanisme, Giorgio Schultze a commencé sa grève de la faim hier à Milan, il est déterminé à obtenir une audience au Parlement Européen. La protestation continue dans les 30 villes qui ont répondu à l'appel du coeur de l'Europe.

Voici la déclaration des deux Jan :

 « Merci à tous ceux qui depuis les derniers 21 jours nous ont soutenu pour leur solidarité, leurs apports et leur soutien moral. Nous espérons par cette action avoir satisfait tous ceux qui nous ont demandé d'arrêter notre grève de la faim. Ces trois dernières semaines ont été très pénibles mais elles nous ont apporté beaucoup de force et ce sera une expérience inoubliable pour nous deux.

Il y a 21 jours nous avons commencé cette grève de la faim parce que un petit groupe d'individus a décidé de conduire notre pays dans un dangereux projet de Guerre des Etoiles qui, bien que présenté comme un projet de défense uniquement est, en fait, selon des sources du gouvernement des Etats Unis, considéré comme un projet offensif. C'est la raison pour laquelle le Canada, en 2005 a refusé de participer à ce projet. Ce petit groupe d'individu est sur le point de signer un accord avec les USA qui signifie pour notre pays une nouvelle invasion par un armée étrangère. Tout cela se passe en dépit du désaccord des deux tiers de la population tchèque qui n'a eu aucune possibilité d'exprimer son opinion, ni par élection, ni par référendum.

Nous avons jeûné pendant 21 jours et cependant nous n'avons reçu aucun signal clair quant à l'organisation d'un referendum ou de quelconques négociations. Pas plus qu'aucune discussion démocratique, que nous avons pourtant demandée. Tout indique que même si nous avions continué notre grève de la faim, le gouvernement aurait continué de nous ignorer et l'aggravation de notre état de santé, voire notre mort n'aurait pas changé leur arogance.

D'autre part, nous avons reçu de nombreux signaux de gens de notre pays et au-delà. Beaucoup parmi eux nous ont demandé de cesser notre grève de la faim et ont pris part à notre combat. Au plan international, par exemple, Dennis Kucinich, membre du Congrès Américain continue le combat, de même que Cybthia MacKinney candidate du Parti Vert aux Etats Unis. Ici, dans l'union européenne, nous avons rencontré à ce sujet Luisa Morgantini, vice-présidente du Parlement Européen jeudi dernier, qui nous a promis d'ouvrir un débat sur ce thème au Parlement Européen. Aujourd'hui, Giorgio Schultze, porte-parole européen du Nouvel Humanisme, qui commence une grève de la faim dans le but d'obtenir une position claire de l'Union européenne par rapport au plan des Etats Unis a pris notre relais en Europe. En dehors de ces soutiens, des grèves de la faim pour soutenir notre lutte sont en cours en Australie, aux Etats Unis, en Italie, en Espagne, en Allemagne et en Autriche.

Aujourd'hui à minuit nous allons suspendre notre grève de la faim, une chaîne de grévistes de la faim commencera dans notre pays à ce moment-là, avec de nombreuses personnalités couvrant un large spectre social pour un jeûne symbolique de 24 heures. Demain, Peter Uhl de Charter 77 et du Independent Movement Activist jeûnera pour nous. Dans les jours suivants le relais sera pris par, entre autres, le sociologue Jan Keller, l'artiste Anna Geislerova, le sénateur Akena Gajduskova, le membre del'Académie Tchèque de Sciences Petr Pokorny, la parlementaire Olga Subova, le journaliste Jacub Patocka, l'artiste Lemka Vlasakova, l'éditeur radio Jeronym Janicek et beaucoup d'autres. Dès maintenant nous savons que artistes, chanteurs, unionistes, dissidents, académiciens, politiques, scientifiques, écologistes et autres soutiennent la grève de la faim.

Chacun de vous qui êtes d'accord avec notre protestation peut aider à ce que nous allions plus loin et nous rejoindre le 22 juin pour une journée internationale de jeûne contre le Système de Guerre des Etoiles qui se prépare en République Tchèque. Cette protestation est la réaction à notre grève de la faim et c'est son relais au niveau mondial. Il est déjà clair que des gens de tous les continents vont y participer.

Par cette chaîne de gréves de la faim nous peoposons la même chose que nous avons proposée au Ministre des Affaires Etrangères jeudi dernier : suspendre les négociations sur l'installation de radars pour un an.

Placer ou non une base radar en République Tchèque est une décision qui ne pourra être prise qu'à la suite d'une large consultation citoyenne et son approbation à la majorité. Au contraire, prendre une telle décision dans une atmosphère empoisonnée pleine de manque de confiance aurait une influence néfaste pour longtemps dans la société tchèque. L'espoir de paix et de démocratie réelle que nous avons envisagé après la Révolution de Velours serait à nouveau transformé en un sentiment de méfiance dans les institutions, un sentiment de détresse et d'abandon.

Une ambiance similaire règne en Europe où une grande partie de l'opinion pense que ce plan est en train de la diviser.

Ce projet a de nombreux opposants aux Etats Unis et même les membres du Congrès ont mis certaines conditions à son financement. Cela arrive au moment où le soutien au Président Bush est très faible tant aux Etats Unis que dans d'autres pays du monde. Pourquoi tant de précipitation alors ?

C'est pourquoi nous suggérons que les négociations soient suspendues pour un an, pour ouvrir une plus large discussion sur ce thème en République Tchèque, pour connaître la position de l'Union européenne sur ce projet et pour attendre la position de la nouvelle administration des Etats Unis.

Nous appelons tous les gens qui sont en désaccord avec ce projet à le montrer, à ne pas rester silencieux et à commencer à être actifs. Parce que la « démocratie » n'est pas juste un mot, ce n'est pas seulement le fait de mettre un bulletin de vote dans une unrne tous les quatre ans. La démocratie c'est la participation active de chaque individu. « S'occuper chacun de notre propre affaire » ce n'est pas suffisant, il y a une nécessité à s'intéresser à ce qui se passe dans la société et à prendre part activement pour créer la société.

Nous remercions une fois encore tout le monde pour leur soutien, et nous pensons aussi à tous les journalistes pour l'attention et le respect dont ils ont fait preuve sur ce thème.  »

Jan Tamas, Jan Bednar,

Mouvement Humaniste Tchèque